Revue de presse
La presse nationale et internationale parle de PRESAGE : notre équipe, nos professeurs et nos cours.
Par Hélène Périvier
Bertrand Fragonard a rendu son rapport au Premier Ministre en vue d’accroître le caractère redistributif de la politique familiale et de rétablir les comptes de la branche famille d’ici 2016, déficitaire depuis peu. Un redéploiement des prestations familiales vers les familles aux faibles revenus est proposé comme premier objectif. Pour le second, les deux options proposées sont la modulation des allocations familiales selon les ressources ou leur fiscalisation. Comment trouver 2 milliards d’euros en période de vaches maigres ?
Les vaches étant maigres, est-ce le moment de les mettre au régime ?
La réduction des dépenses de la politique familiale s’inscrit dans une politique économique plus large d’austérité ou de rigueur visant le rééquilibrage des comptes publics. Certes, la question des déficits publics est une question sérieuse, qu’on ne peut pas balayer d’un revers de la main. Il y va de la pérennité et de la soutenabilité de notre Etat social, et plus précisément pour le sujet qui nous intéresse ici, il y a va de l’avenir de la politique familiale. Mais l’ampleur et le calendrier de la lutte contre les déficits publics sont un élément central pour en garantir l’efficacité. Les travaux de prévision de l’OFCE montrent que les réductions massives des dépenses publiques dans lesquelles s’engage la France vont peser sur la croissance. Le manque de croissance freinera la réduction des déficits, qui ne sera pas à la hauteur des attentes. In fine, nous n’aurons ni le beurre, ni l’argent du beurre, les vaches ne donnant plus de lait.
Si l’on persiste dans cette voie conduisant à réduire la voilure de la politique familiale, alors comment procéder ? Qui doit en porter le coût ? Faut-il réduire les dépenses ou accroître les recettes ?
par Hélène Périvier, économiste OFCE
LE PLUS. Aujourd'hui, un foyer avec deux enfants touche 127 euros d'allocations familiales par mois, qu'il soit très riche ou très pauvre. "Ce sera revu", avait dit François Hollande sur France 2 jeudi 28 mars. Le rapport Fragonard propose plusieurs scénarios d'indexation sur les ressources des ménages. Une bonne idée ? Non, estime Hélène Périvier, économiste à l'OFCE, spécialiste des politiques sociales et familiales.
La CNAF verse plus de 12 milliards d’euros d’allocations familiales, indépendamment du niveau de revenu des parents. Le principe d’équité horizontal repose sur l’idée que les familles ne doivent pas voir leur niveau de vie baisser avec l’arrivée des enfants (du moins pas trop). Notons qu’elles ne sont pas versées au premier enfant, ce qui constitue déjà une entaille à ce principe. Il s’agit donc d’une redistribution des familles sans enfant vers les familles avec enfants, qu’elles soient riches ou pauvres.
Dans le contexte de crise actuelle, la branche famille, déficitaire de 2 milliards d’euros, n’échappe pas à la politique de rigueur visant à équilibrer les comptes publics. Le bienfondé de l’universalité des allocations est questionné : pourquoi verser des prestations à des familles aisées, qui n’en ont pas besoin ? Les mettre sous condition de ressource serait plus équitable…
Politiste chargée de recherche CNRS au CEVIPOF, Réjane Sénac est membre du comité de pilotage du programme PRESAGE. Elle a codirigé l'ouvrage collectif "Femmes-hommes : penser l'égalité" paru en janvier 2013 à la Documentation française.
Où en est-on actuellement de l'égalité femmes-hommes ?
C'est une question très complexe à laquelle je serai tentée de répondre par une autre question : qu'est-ce que l'égalité ? Se place-t-on dans une perspective quantitative avec le postulat que seul le chiffre fait preuve, ou dans une analyse qualitative des déterminants sexués du parcours scolaire et professionnel, de l'articulation entre sphère privée et publique, du rapport au pouvoir, etc... ?
Si les statistiques sexuées sont essentielles pour rendre visible les inégalités, une approche chiffrée générale peut donner l'impression que l'égalité femmes-hommes est atteinte, ou presque, dans le monde professionnel et politique.
En effet, les femmes représentent plus de 47% de la population active et 48% des conseillers régionaux et des conseillers municipaux dans les communes de 3500 habitants et plus. Mais cette dynamique égalitaire s'accompagne d'une recomposition, voire d'une aggravation, des inégalités. Les femmes sont ainsi encore exclues des cercles du pouvoir politique et économique et sont surreprésentées parmi les travailleurs précaires et pauvres, comme l'analyse en particulier l'économiste Françoise Milewski.
A titre d'exemple, le travail à temps partiel féminin a progressé entre 1990 et 2011 en passant de 21% à 30%. Pour résumé, nous assistons à un mouvement ambivalent marqué à la fois par des progrès manifestes dans la participation des femmes au marché du travail et leur réussite scolaire, et par des résistances structurelles à l'égalité.
By Hélène Périvier and François de Singly
Debate on the taxation of the family allowance has begun once again. Faced with a deficit in the government’s family accounts of about 2.5 billion euros in 2012, the idea of taxing the allowance has resurfaced as a way to refill coffers that have emptied, in particular as a result of the economic crisis. The debate often pits an accounting logic that aims to make up the deficits quickly against the logic of a conservative family policy. This post offers a broader perspective that goes beyond this binary approach to the issue.
From family accounts that were balanced…
In the current period, dealing with the budget involves squaring a circle: less tax revenue and greater social spending because of the economic crisis. The temptation is to solve this equation by reducing social spending to make up for declining revenues. It is in this context that the proposal to subject the family allowance to income tax has resurfaced.
During economic crises, the automatic stabilizer role played by social welfare, including family policy, is fundamental. It limits the effects of the crisis on the living standards of those who are most at risk, and therefore also helps to contain the rise in inequality. By supporting household income, it prevents a collapse of economic activity. During the kind of economic downturn we are experiencing today, cutting social spending is not desirable and can be counter-productive macroeconomically.
La France « gender studies-ophobe »
En décembre 2012, deux députés UMP, Virgnie Duby-Muller et Xavier Breton, réclamaient au Parlement « une commission d’enquête sur l’introduction et la diffusion de la théorie du gender en France ». [...]
Décloisonner la recherche sur le genre
L’ambition du programme PRESAGE est de profiter de l’hétérogénéité des « gender studies » pour favoriser les synergies. Etudier le genre dans une logique de collaboration, de projet global ne peut que renforcer la crédibilité de la discipline.
« Le projet est novateur dans la mesure où il rassemble dans un même pôle des champs de recherche souvent différenciés : d’une part celui qui concentre ses analyses sur l’identité sexuelle de la personne, d’autre part celui qui fonde les inégalités sur les relations sociales dans la combinaison des sphères professionnelle et privée. En faisant le pont entre ces deux axes et en nourrissant une réflexion globale, la chaire serait porteuse d’un projet intellectuel nouveau, ce qui renforcerait son originalité et sa reconnaissance à l’international. » [...]

