Discriminations : « Ne pas fuir le débat politique »

Pour l’économiste Hélène Périvier et la politiste Réjane Sénac, si l’apparent pragmatisme de la valorisation économique de la lutte contre les discriminations est tentant, il ne doit pas conduire à une dépolitisation éminemment idéologique du débat.

Par Hélène Périvier (Economiste à l’OFCE) et Réjane Sénac (chargée de recherche CNRS au Cevipof)

Dans le cadre du plan de lutte contre les discriminations dans l’embauche et dans l’emploi, le gouvernement a confié à France Stratégie la mission d’évaluer le coût économique des discriminations. Cette demande part du postulat que « d’un point de vue économique, les discriminations se traduisent par un manque à gagner tant pour les victimes que pour l’ensemble de la société ».

Le rapport de France Stratégie conclut que la discrimination est coûteuse au sens où en sous-utilisant le capital humain disponible, nous renoncerions à une source de richesse équivalente à 4 à 10 points de PIB.

 

Cela revient à réduire la question de la lutte contre les discriminations à un problème d’allocation des ressources, alors qu’il s’agit d’un problème de redistribution des ressources. Prenons l’exemple de la discrimination en raison du sexe, dont ce rapport démontre la centralité et le poids. Une femme qualifiée n’obtient pas un poste à la hauteur de ses compétences. En faisant l’hypothèse qu’il n’y a pas de rationnement des postes à responsabilité, son capital humain est donc sous-utilisé. Il y aurait donc un gain à supprimer la discrimination.


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